Développement Durable
jeudi 5 mars 2015

Clean by Design

Lorsqu’on produit 1 tonne de tissu ce sont 200 tonnes d'eau qui sont polluées au moment de la teinture et des étapes finales de production. Qui en est responsable? Et comment diminuer l’impact environnemental de l'industrie de la mode d’une manière générale ? Ce sont les principales questionnements lancés lors d’une conférence sur la « mode durable » organisée à New York le 4 mars dernier par le « Natural Resources Defense Council » (NRDC, ou Conseil de défense des ressources naturelles).

 

« On dit que l’on peut prévoir quelles seront les couleurs tendances de la saison prochaine en regardant la couleur des rivières en Chine », raconte Linda Greer, du NRDC. Directrice du programme « Clean by Design », lancé par le NRDC, Linda s’est donné pour mission de réduire l'impact environnemental de l'industrie de la mode et celui de sa chaîne d'approvisionnement. Lors de la conférence qu’elle animait le 4 mars dernier à New York, elle a été rejointe par des panélistes de The Northface, Loomstate et Kering, venus répondre à ses question et partager leurs idées pour réfléchir (et agir) à comment le secteur de la mode peut être « responsable ». 

 

L'INDUSTRIE TEXTILE EST RESPONSABLE DE 
17 À 20 % DE LA POLLUTION DE L'EAU DANS LE MONDE

 

Né d’un partenariat avec le Council of Fashion Designers of America, le programme Clean by Design a été lancé en 2010 en lançant une série de bonnes pratiques à destination des usines textiles en Asie. Partant du constat que les phases de la production textile ayant le plus d’impact sur l’environnement sont les toutes premières étapes, Clean By Design a décidé de s’attaquer au problème à la source. Une approche non seulement logique mais qui s’est avérée efficace sur les plans environnemental et économique. En effet, les usines ayant mis en oeuvre ces bonnes pratiques ont économisé 25 % d’eau et 30 % de combustible ( ?), et se targuant d’un retour sur investissement en 8 mois seulement. Cette campagne autour des bonnes pratiques a permis d’attirer l’attention sur un fait parfois peu connu du grand public : l’industrie textile puise depuis toujours dans les ressources naturelles, consommant notamment de grandes quantités d’eau, des produits chimiques et de l’énergie.

 

Clean By Design a gagné ensuite le territoire européen. En 2013, Stella McCartney choisit en effet la méthodologie Clean by Design et devient la première marque de mode et de luxe à mettre en œuvre une telle démarche en Europe. Figurant parmi les panélistes de la conférence, Laurent Claquin, Head of Kering Americas, a confié qu’ensemble, le NRDC et Kering avaient significativement amélioré la méthodologie Clean by Design au cours de ces dernières années, et étendu le programme à l’ensemble du groupe Kering en 2014. Des audits menés dans chacune des usines textiles ayant mis en oeuvre les bonnes pratiques prouvent l’efficacité de Clean by Design : jusqu’à 30 % de réduction de la consommation d’énergie et des émissions de CO2.

 

 LE DEVELOPPEMENT DURABLE EST UNE OPPORTUNITE.