Développement Durable
mardi 21 avril 2015

Réaction en chaîne... logistique

Depuis sept ans, la conférence 1.618 organisée à Paris réunit marques, entrepreneurs, ONG et artistes pour partager leurs réflexions et trouver des solutions afin de contribuer à un monde meilleur. Le thème retenu cette année était celui du sourcing et des filières responsables. K s’est intéressé plus particulièrement à la session intitulée Fashion and innovation: sourcing new sustainable materials makes you unique and creative. Et force est de constater que nous en sommes ressortis plein d’optimisme.

 

Le développement durable n’est pas qu’un concept : c’est une réalité, comme le confirme Marie-Claire Daveu, Directrice du Développement durable et des Affaires institutionnelles internationales de Kering, citant François-Henri Pinault, Président-Directeur général du Groupe :  « J'ai la conviction qu’une entreprise durable est une entreprise qui réussit. Elle permet de créer de la valeur pour le Groupe tout en contribuant à bâtir un monde meilleur. »

 

La conférence fût pour elle l’occasion de partager une récente annonce: «Nous travaillons en partenariat avec la start-up Worn Again afin de permettre la commercialisation d’une innovation révolutionnaire en matière de production textile et de recyclage : une méthode qui permet d’extraire le polyester et le coton des vêtements et textiles en fin de vie.»

 

Cette avancée sera partagée et promue auprès de tous nos pairs et concurrents dans nos secteurs, a renchéri Marie-Claire Daveu, ajoutant : «Une entreprise plus efficiente n’est pas une option, c’est une nécessité et un moteur pour stimuler l’innovation et la créativité». Une philosophie qui trouve une illustration dans la manière dont Gucci a mis au point une nouvelle méthode pour réduire l’impact environnemental du tannage. Grâce à l’utilisation d’un agent organique, le cuir tanné et les eaux usées sont dénués de métaux lourds en fin de processus. 

 

Autre avancée durable : il y a trois ans, Gucci a lancé des lunettes de soleil en Liquid Wood, un matériau biodégradable éco-responsable qui offre une alternative au plastique. Marie-Claire Daveu a également évoqué la gamme de chaussures PUMA baptisée Projet Re-cut qui fait appel à du denim recyclé.

 

Le réseau CLASS 
Simone Cipriani, directeur de l’Ethical Fashion Initiative du Centre du commerce international des Nations Unies, a enjoint le public à s’investir dans le développement de micro-entreprises en Afrique. Il a ainsi insisté sur l’importance du rôle des artisans. « Nous devons accroître l’impact du secteur sur les populations », a-t-il déclaré sous une salve d’applaudissements. Son travail de longue date avec Vivienne Westwood et Stella McCartney en constitue un excellent exemple. Depuis 2011, Stella McCartney a créé une gamme de tote bags artisanaux en toile recyclée en collaboration avec le CCI. Le programme dépasse le cadre caritatif et la mode dans la mesure où il vise l’autonomie économique des artisans participants. Dans la même veine, la fondatrice de Creativity Lifestyle and Sustainable Synergy (CLASS), Giusy Bettoni a déclaré : « Nous devons innover de manière responsable. Nous devons comprendre que la technologie et l’éco-responsabilité peuvent nous aider. » CLASS est un réseau multi-plateformes international qui présente des pièces, textiles et matériaux exclusifs créés à l’aide de technologies durables intelligentes. « Nous sommes à l’initiative de la révolution actuellement à l’œuvre. », ajoute Giusy Bettoni. Une dimension à laquelle Dilys Williams, Directrice du Centre for Sustainable Fashion (CSF) du London College of Fashion, adhère totalement : confiante dans la nouvelle génération de stylistes, elle a exprimé son souhait de voir « les designers élargir les possibilités de la création ». Elle a insisté sur le rôle essentiel de la jeunesse et plus précisément des étudiants auxquels elle enseigne.

 

Une histoire de génération 
Le CSF recense quelque 40 étudiants, tous très investis dans les problématiques liées au changement et à l’innovation. Leur ambition est à la fois esthétique, environnementale, sociale et politique. « Instinctivement, ils créent une mode responsable », a expliqué Dilys Williams, citant l’exemple d’un étudiant qui a créé un t-shirt arborant à chaque lavage de nouvelles couleurs et textures. Pour elle, la nouvelle génération représente l’avenir de la mode, en « insufflant nouveauté, surprise et en se faisant les apôtres de nouveaux modèles de production et de nouvelles matières premières plus durables. » Et l’un des participants, Misha Pinkhasov, coauteur de Real Luxury: How Luxury Brands Can Create Value for the Long Term, de conclure: « Il est indéniable que la discussion autour du luxe durable a évolué de la création d’initiatives réconfortantes à la reconnaissance du potentiel de création d’une valeur commerciale. »