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vendredi 16 juillet 2021

Retour sur la septième édition de Women In Motion au 74e Festival de Cannes

Yamina Benguigui, Lou Doillon, Jodie Turner-Smith, Tilda Swinton et Regina King  sont venues partager leurs expériences et leurs points de vue sur la représentation des femmes dans le cinéma au cours de conversations passionnantes. Une nouvelle série de podcasts a par ailleurs été enregistrée dans le studio Women In Motion avec des  femmes clés de l’industrie du cinéma. Le dimanche 11 juillet, le Prix Women In Motion a été décerné à l’actrice, productrice et réalisatrice engagée Salma Hayek, tandis que le Prix Jeunes Talents est revenu à la réalisatrice australienne Shannon Murphy.

 

LES TALKS

 


Cette nouvelle saison, à laquelle près de 200 invités du monde du cinéma et des médias ont participé, s’est ouverte sur un Talk en présence de la réalisatrice Yamina Benguigui, qui s’est notamment exprimée sur le rôle de la sororité : « Dans ce mot j’entends aussi cette solidarité, quel que soit votre continent. Nous savons intrinsèquement que les droits des femmes ne seront jamais acquis, jamais. Dès que les extrêmes commencent à monter, en occident, en Afrique, ce seront les femmes qui seront les premières victimes. C’est pour ça que c’est capital. C'est la solidarité féminine. » Elle a également évoqué le rôle du cinéma dans son émancipation : « Ce sont les films qui m’ont appris que je pouvais être un individu à part entière, que mon chemin de vie ne serait pas la soumission, qu’à un moment donné je ne devais pas appartenir à mon père, puis à un mari et au cimetière. C’était l’échappée. Le cinéma, c’est tout pour moi. ». La réalisatrice en a fait un levier du changement : « Un homme, à ma place, aurait fait dix films. Comment peut-on évoluer ? C’est ça mon combat. Je le fais avec l’image. C’est le meilleur des propos. On se doit de continuer ces combats via l’image. »

 


Le lendemain, l’artiste pluridisciplinaire Lou Doillon s’est confiée sur le rôle des modèles féminins dans sa vie de créatrice : « En littérature j’avançais avec Dorothy Parker, en art avec Louise Bourgeois, Sophie Calle, en musique Nina Simone, PJ Harvey, Garbage... J’ai un panthéon de ces femmes. Dernièrement, depuis 3-4 ans, je lis majoritairement des femmes, sans le faire exprès. J’en ai besoin. Il y a des questions qui se posent : la question de nos choix, la question compliquée de la maternité physiologique versus la maternité artistique… Il y a tellement de femmes qui en ont bien parlé. » Elle a également évoqué les changements en cours : « il y a quelque chose de très excitant qui se passe aujourd’hui dans la jeune génération de femmes : elles arrivent à avancer ensemble avec leurs différences. Entre nos arrière-grands-mères, nos mères et nos filles, quelle merveille ! Mon fils avance avec un raisonnement que mon père n’avait pas. » Elle s’est attardée quelques instants sur la liberté qu’il faut savoir s’accorder : « Je rigole d’entendre : s’il y a la parité, il y aura beaucoup de femmes qui ne seront pas parfaites. Or, est-ce qu’on peut se poser la question pour les hommes ? J’ai essayé de montrer à quel point ma force vient de mes imperfections. C’est très joyeux qu’on se pose des questions, mais il faut qu’on s’autorise à ne pas avoir des réponses. Il faut s’autoriser une imperfection qui a toujours été autorisée en face, à changer, à se planter complétement. »

 


L’actrice britannique Jodie Turner-Smith a quant à elle abordé les nombreuses étapes qu’il reste encore à franchir pour obtenir une véritable diversité dans le cinéma : « Il faut être à la hauteur des changements qui s’opèrent. Mais rappelons que ce qu’il manque au-delà des bonnes intentions, c’est l’argent. Les mots ne suffiront pas. Quand vous embauchez des personnes de couleur, il faut aussi des gens qui sachent les maquiller, les coiffer, les raconter. Voir le monde de manière différente va prendre du temps. » Elle a élargi cette question à la nécessaire parité et à la représentation des minorités dans la réalisation : « Je veux travailler non seulement avec des femmes réalisatrices mais des femmes réalisatrices de couleur. Parmi elles, nombreuses sont talentueuses mais on ne les laisse pas entrer. Elles ne sont pas soutenues par les studios alors elles luttent. J’ai déjà réalisé un court métrage, Jackie, visible sur YouTube. Ça m’a permis de découvrir un autre pan de ce métier que j’aimerais explorer. L’art se manifeste sous tant de formes. » Elle a conclu sur la liberté et la bienveillance qu’il faut s’autoriser : « Je veux que ma fille sache qu’en tant que femme, elle peut s’exprimer, qu’elle n’a pas besoin de s’excuser. J’espère que c’est l’exemple que je lui montre. Si je m’adressais à la petite fille que j’étais à 6 ans, je lui dirais : “N’aie pas peur de prendre de la place. Ta peau est magnifique. Tu ne le sais peut-être pas maintenant mais tu le sauras plus tard’’. »

 


L’actrice iconique Tilda Swinton s’est livrée sur son travail et sa place dans l’industrie : « Il y a toujours eu des femmes réalisatrices et ce sera toujours le cas. Au début de l’histoire du cinéma, il y avait des femmes puissantes, et beaucoup de femmes travaillent actuellement dans le cinéma, comme costumières, scriptes, directrices de la photographie… Quand on s’inquiète du manque de femmes dans l’industrie, on ne regarde généralement que le nombre de réalisatrices sélectionnées mais il faut regarder l’ensemble du générique. Il ne faut pas se contenter de cette situation mais amplifier cela, avoir confiance en nous. » Elle est aussi revenue sur l’importance de l’égalité salariale dans l’industrie : « ¬Pendant les premières années de ma carrière, je n’ai pas été rémunérée. Nous étions des artistes, tout simplement. Mais il faut être consciente que ces écarts de traitement entre hommes et femmes sont problématiques. Que les acteurs soient mieux rémunérés que les actrices, c’est risible. »

 


La septième édition des Talks Women In Motion s’est clôturée par l’intervention de l’actrice, réalisatrice et productrice américaine Regina King, qui est revenue sur son parcours et la manière dont elle est arrivée à la réalisation : « Ce fut un long processus. Déjà en tant qu’actrice, je me posais des questions au-delà des personnages que je devais jouer. Mon expérience de productrice a permis que l’idée germe en moi. Je me suis dit qu’il fallait que je l’affirme, que je l'exprime à voix haute, ça a vraiment commencé au début des années 2000. Dès que j’ai exprimé ce désir, j’ai eu le soutien du producteur John Wells. Toutes mes craintes se sont progressivement envolées. Il faut toujours avancer, ne pas hésiter à poser des questions, et surtout bien écouter les réponses. Être actrice permet aussi de mieux appréhender la vulnérabilité du métier. » Elle a longuement évoqué la place des femmes et les questions de représentativité dans l’industrie :

« Les choses changent mais la route est longue. Le pourcentage de femmes réalisatrices a diminué cette année. Il y a du pain sur la planche. Il faut continuer à en parler, évoquer sans cesse les disparités. Ce que l’on voit à l’écran ne représente pas toujours la réalité d’aujourd’hui. Hollywood a une responsabilité : les histoires sont exportées dans le monde entier. Il faut que l’on puisse découvrir différents points de vue. L’égalité salariale entre les hommes et les femmes n’existe pas, beaucoup de femmes sont en plus mères de famille et travaillent encore plus dur. Il y a un long chemin à parcourir. Mais il faut aussi mettre en avant les choses positives. Je vois des jeunes filles extrêmement motivées, plus déterminées qu’à notre époque. Je suis fière d’être une génération qui a aidé à cette transition à Hollywood. C’est une source de grand optimisme. »

 

 

 


LES PODCASTS 

 


À l’occasion de cette septième édition de Women In Motion, Kering a poursuivi sa collection de podcasts produite et réalisée par la journaliste Géraldine Sarratia. Enregistrée durant tout le Festival dans le studio Women In Motion, cette nouvelle série a donné la parole à ces femmes clés de l’industrie du cinéma dont le métier est souvent méconnu. Elle fait ainsi entendre les voix de Caroline Bonmarchand, Productrice césarisée (à Cannes pour Petite Nature), Caroline Champetier, Directrice de photographie (à Cannes pour Annette), Uèle Lamore, Cheffe d’orchestre et compositrice (à Cannes pour Marcher sur l’eau, d’Aïssa Maïga), Katia Wyszkop, Cheffe décoratrice (à Cannes pour Benedetta), Léa Mysius, réalisatrice et scénariste (à Cannes pour Olympiades).

 

 

 

 

LA CEREMONIE DE REMISE DES PRIX

 


En présence des membres du Jury du Festival, François-Henri Pinault, Président-Directeur général de Kering, Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes et Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes, ont remis le Prix Jeunes Talents 2021 à la réalisatrice australienne Shannon Murphy, après un premier film remarqué, Milla. Comme le veut désormais la tradition, celle-ci avait été choisie par sa prédécesseure Maura Delpero, dont Kering et le Festival ont souhaité la présence afin de pouvoir lui remettre officiellement le Prix Jeunes Talents 2020. Ils ont ensuite remis le Prix Women In Motion, tenu secret jusqu’au dernier instant, à l’actrice, productrice et réalisatrice engagée Salma Hayek. 

 

Parmi les invités étaient présents les actrices et acteurs Maggie Gyllenhaal, Tahar Rahim, Jodie Turner-Smith, Benoît Magimel, Noomi Rapace, Nicolas Maury, Mélanie Thierry, Song Kang-ho, Li Meng, Déborah François, Melissa George, Clotilde Courau, Anaïs Demoustier, Elsa Zylberstein, Anne Parillaud, ainsi que le cast de Supremes Théo Christine, Sandor Funtek et César Chouraqui.
Kering et le Festival de Cannes ont également eu le plaisir d’accueillir les réalisatrices et réalisateurs Spike Lee, Catherine Corsini, Shlomi Elkabetz, Eva Husson, Andrea Arnold, Kleber Mendoça Filho, Yamina Benguigui, Jessica Hausner, Audrey Estrougo, Danielle Arbid, Mounia Meddour, Daniel Burman, Julia Ducournau et Michael Angelo Covino. Ainsi que les professionnel.le.s de l’industrie du cinéma Tonya Lewis Lee, Anne-Dominique Toussaint, Elisha et Nathanaël Karmitz, Melita Toscan Du Plantier, Sidonie Dumas, Véronique Cayla, Nicolas Seydoux. Les artistes JR et Prune Nourry, l’artiste pluridisciplinaire Lou Doillon, l’ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin, les journalistes Mademoiselle Agnès et Augustin Trapenard, la mannequin Nour Arida étaient aussi présents.                
 

 

 

 

À propos de Women In Motion

 

L’engagement de Kering auprès des femmes est au cœur des priorités du Groupe, et s’étend, à travers Women In Motion, au domaine des arts et de la culture où les inégalités femmes-hommes sont encore criantes, alors même que la création est l’un des vecteurs de changement les plus puissants.
En 2015, Kering lance Women In Motion au Festival de Cannes avec pour ambition de mettre en lumière les femmes du cinéma, devant et derrière la caméra. Le programme s’est depuis étendu à l’art, à la littérature et à la photographie avec notamment le partenariat avec les Rencontres d’Arles. Il récompense, à travers ses Prix, des figures inspirantes et de jeunes talents féminins ; et offre, dans le cadre de ses Talks, un lieu d’expression à des personnalités qui partagent leur regard sur la représentation des femmes au sein de leur profession.
Women In Motion est depuis sept ans une tribune de choix pour contribuer à changer les mentalités et à réfléchir à la place des femmes et à la reconnaissance qui leur est accordée dans tous les domaines artistiques.

 

 

 

 

À propos de Kering 

 

 

Groupe de Luxe mondial, Kering regroupe et fait grandir un ensemble de Maisons emblématiques dans la Mode, la Maroquinerie, la Joaillerie et l’Horlogerie : Gucci, Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga, Alexander McQueen, Brioni, Boucheron, Pomellato, Dodo, Qeelin, Ulysse Nardin, Girard-Perregaux, ainsi que Kering Eyewear. En plaçant la création au cœur de sa stratégie, Kering permet à ses Maisons de repousser leurs limites en termes d’expression créative, tout en façonnant un Luxe durable et responsable. C’est le sens de notre signature : Empowering Imagination

 

 

 

Photos : Vittorio Zunino Celotto & Anthony Ghnassia

 

 

 

Plus d’informations  

 

Sur l’espace Presse Women In Motion de kering.com

 

 

 

 

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Laurent Boyé             +1 310 220 72 39           laurent@jazopr.com
 

 

 


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